Shintoïsme ou Shinto au Japon

Shintoïsme ou Shinto au Japon

Shintoïsme ou Shinto au Japon

Le shintoïsme ou shinto (神道, littéralement voie de divinité) est une religion propre au Japon depuis toujours, née de son climat et de ses coutumes.

Origine et évolution du shintoïsme

Les origines du shintoïsme sont généralement méconnues. Il s’est développé à partir d’un culte primitif.
Il ne forme pas un système rationalisé : c’est une religion sans texte, ni fondateur, basée sur un phénomène naturel et le culte des ancêtres (le culte des ancêtres est un des éléments essentiels du shintoïsme.)
Le shintoïsme est polythéiste : pour représenter le nombre abondant de divinité, en japonais il y a une expression « 八百万の神 », littéralement 8 millions de divinités. Le nombre de kami (divinités shinto) est incomptable. Parmi ces nombreux kamis, nous pouvons distinguer 3 grands types de divinités.
1, les divinités comme Amaterasu (divinité de Soleil) qui apparaissent dans la mythologie japonaise écrite au VIIIe siècle
2, les divinités comme Inari (divinité de céréales) qui sont nées à partir de croyances populaires et naturelles
3, les personnages réels, comme Sugawara-no Michizane ou Tokugawa Ieyasu deviennent divinités après sa mort.

Shintoïsme ou Shinto au Japon
Sanctuaire de Nikko Toshogu : l’âme de Tokugawa Ieyasu y est vénéré

Syncrétisme et séparation avec le bouddhisme

Au VIe siècle, le bouddhisme a été introduit au Japon et le shintoïsme a subi des influences de croyances populaires du bouddhisme. Ils se sont mutuellement influencés de manière considérable et à l’époque de Nara, au VIIIe siècle, on voit même apparaître le syncrétisme du bouddhisme et du shintoïsme(神仏習合).

Lorsque le bouddhisme a été introduit au Japon, le Bouddha a été accueilli comme une divinité étrangère. Ce syncrétisme a donné naissance à plusieurs idées différentes : un kami est comme un être humain qui a des désirs, donc le Bouddha doit l’aider pour dompter ses passions. Ou encore, un kami est protecteur de divinité bouddhiste, etc…il y a donc des visions apparetnabt au shintoïste et au bouddhiste selon l’époque. Il y a également un épisode qui montre ce syncrétisme : à l’époque de Nara, lorsqu’on a décidé de bâtir le temple Todaiji, la divinité Hachiman(八幡神) du sanctuaire d’Usa à Oita est venu à Nara pour aider à construire le temple.
Peu à peu, on voit même apparaître un temple au sein d’un sanctuaire appelé Jingu-ji (神宮寺, littéralement temple sanctuaire) pour protéger la divinité shintoïste par le pouvoir du Bouddha et un sanctuaire au sein d’un temple, appelé Chinju-no-Yashiro (鎮守の社, littéralement sanctuaire pour les protecteurs) pour vénérer une divinité shintoïste, protectrice de la religion bouddhiste.

Pour le shintoïsme, les divinités étaient nées à partir de croyances naturelles, donc immatérielles. Mais le bouddhisme a également introduit au Japon l’idolâtrie de divinités et les japonais ont commencé alors à dessiner les divinités shintoïstes.
Cependant, vers la fin de l’époque d’Edo au XIXe siècle, l’idée de supprimer les influences bouddhistes du shintoïsme commençait à se propager. Après la restauration de Meiji en 1868, le nouveau gouvernement de l’empereur a proclamé l’interdiction de mélanger les kamis et les bouddhas, ce qui a mené à la destruction massive des temples. L’idée était de rendre le shintoïsme religion d’Etat et de placer sur le trône l’empereur du Japon considéré comme le descendant de la déesse shinto Amaterasu (déesse du Soleil). L’empereur est alors devenu le dieu suprême de la religion shinto et cette dernière a été la religion d’Etat entre 1868 et 1945.

Croyances de Shinto

On croit pouvoir être balayé de toutes ses fautes et souillures par des cérémonies, harai ou misogi,.
Le shintoïsme est une religion où on prie pour une vie épanouie. La mort est considérée impure donc en règle générale, il n’y a pas de cimetière au sein du sanctuaire.

Sanctuaire Shinto

Shintoïsme ou Shinto au Japon
La cascade de Nachi à Kumano

La nature était considérée comme divinité et pour rapprocher les hommes et les divinités, les cérémonies (fêtes) étaient indispensables. C’est pour organiser ces cérémonies que le sanctuaire était construit.
Les sanctuaires shinto, appelés le plus souvent jinja (神社, Pavillon des divinités) en japonais, sont des lieux de culte du shintoïsme, où l’on vénère un kami. Au Japon, on y compte plus de 85,000 sanctuaires.
Avant l’introduction du bouddhisme, le sanctuaire shintoïste ne possédait pas de bâtiment. On croyait que la divinité descendait à la montagne ou sur une belle roche au moment des fêtes et qu’elle repartait lorsque la fête était terminée (exemple de cascade de Nachi). Sous l’influence du bouddhisme, les jinja permanents sont nés.
A l’entrée de l’enceinte du sanctuaire, il y a toujours un portique, appelé torii (鳥居). Derrière ce portique, l’allée principale mène aux bâtiments principaux, le haiden(拝殿) où les fidèles prient et le honden (本殿) où le dieu est vénéré.
Il est accoutumé de faire un vœu à l’entrée du haiden ou honden et de faire une offrande d’une pièce dans le saisen bako, boîte à offrande.
Il s’y déroule annuellement des fêtes appelées matsuri, pendant lesquelles sont parfois organisées des processions de mikoshi (sanctuaires portables).

Le shintoïsme a beaucoup été influencé par le bouddhisme et on peut le remarquer en voyant son enceinte.

Torii-portique traditionnel

Un torii est un portique traditionnel japonais. Il est en général situé à l’entrée du sanctuaire afin de séparer le monde sacré du monde divin. Il est également considéré comme un symbole du shintoïsme.
Quand les japonais passent sous le torii, ils s’inclinent pour annoncer à la divinité leur visite dans son enceinte. Au retour, ils s’inclinent encore une fois pour la remercier de son accueil.
La plupart des torii sont en bois peint en rouge, mais on peut en trouver en métal, en pierre ou en porcelaine. Les formes ne sont pas uniques : comme il n’y a pas de livre sacré, on ne connaît pas l’explication de chaque forme, ni de la matière des torii.

Prêtre Shinto

Un kannushi (神主, littéralement maître dieu) est le responsable de l’entretien d’un sanctuaire shinto ainsi que du culte d’un kami.
Les kannushi peuvent se marier et leurs enfants héritent souvent de leur position. Les vêtements qu’ils portent n’ont pas de signification religieuse particulière, mais sont simplement des vêtements officiels utilisés dans le passé à la cour impériale. Ce détail révèle le lien étroit entre le culte des kamis et la figure de l’Empereur.
Pour devenir kannushi, il faut suivre une étude spécifique dans des universités approuvées par le Jinja Honchō (Association des sanctuaires shinto), l’Université Kokugakuin de Tokyo ou l’Université de Kogakuka à Mie, ou bien dans des écoles de formation spécialisées. A la fin de leurs études, ils reçoivent la qualification pour devenir kannushi. Les femmes peuvent également devenir kannushi.

Ce que nous pouvons trouver dans l’enceinte d’un Jinja

Komainu – gardien
Ce sont des animaux imaginaires japonais, posés par pair à l’entrée du sanctuaire qui ont le rôle de gardiens. (nous pouvons en trouver parfois à l’entrée du temple). Il y a plusieurs interprétations qui expliquent l’apparence de ces animaux : l’un des deux a la bouche ouverte et l’autre fermée. Comme ils sont souvent posés à l’entrée de l’enceinte ou devant le haiden afin que les mauvais esprits ne pénètrent pas dans le domaine sacré, celui avec la bouche ouverte attrape les mauvais esprits et l’autre avec la bouche fermée les garde dans son corps.

Shimenawa
Le shimenawa est une corde sacrée suspendue à l’entrée du Haiden ou Honden. Il sépare le monde divin du monde terrestre et surtout, il a le rôle d’éloigner les mauvais esprits du bâtiment sacré. Le Shimenawa est constitué de torsades de pailles de riz plus ou moins grosses en fonction de l’utilisation, et souvent tressés de gauche à droite (sauf le Shimenawa du sanctuaire d’Izumo).
Lorsqu’un rocher ou un arbre est entouré de Shimenawa, cela montre qu’il est considéré comme Dieu, Kami.

Omikuji – prédiction
Les omikuji (おみくじ) sont des prédictions écrites sur des bandes de papier que l’on tire au sort aux sanctuaires shintoïstes et également aux temples bouddhistes.
Il existe souvent 5 grandes catégories de sort (du meilleur au pire) : Daikichi (大吉), Kichi (吉), ChuKichi (中吉), ShoKichi (小吉), Kyo (凶) qui prédisent l’ensemble de votre sort. Sur cette bande de papier, il y a également différents horoscopes : la santé, la vie, la fortune, l’étude, le mariage, le voyage, etc…
Lorsque la prédiction est mauvaise, on plie la bande de papier pour l’attacher généralement à un arbre ou un endroit dédié et le kannushi fait une prière pour changer le mauvais sort en un bon sort. Si la prédiction est bonne, on garde cette bande de papier dans son portefeuille comme pour une amulette.

Omamori – amulette
Les omamori (littéralement : se protéger) sont des amulettes porte-bonheur que l’on peut trouver et acheter aux sanctuaires shintoïstes ainsi qu’aux temples bouddhistes.
Il y a différentes formes d’omamori et chaque sanctuaire ou temple a souvent son propre design. Un omamori peut être une statuette, un pendentif, un anneau, un dessin, etc… Chaque omamori a un thème spécifique : la santé, la chance pour les examens, l’amour, la sécurité routière, etc….

Ema – planches en bois
C’est une plaque en bois sur laquelle les fidèles inscrivent des vœux ou des prières destinées aux divinités, pour ensuite accrocher à un endroit dédié au sein des sanctuaires shintoïstes ou des temples bouddhistes.
Littéralement, un Ema (絵馬) désigne « dessin de cheval ». Autrefois, on croyait que les divinités descendaient sur terre à cheval. Durant l’époque de Nara, les Japonais offraient des chevaux aux sanctuaires afin que les divinités exaucent leurs prières et lorsqu’on ne pouvait pas offrir de chevaux aux kamis, on en dessinait sur un papier ou sur une plaque de bois. D’où le nom de Ema (絵馬).
Aujourd’hui, chaque sanctuaire ou temple possède son propre design d’Ema

Goshuin-cho – carnet de sceau
C’est un carnet dans lequel on peut faire inscrire le sceau (signature) d’un sanctuaire. Quand on se rend à un sanctuaire, on peut demander à faire inscrire le sceau (signature) aux personnels dédiés sur le Goshuin-cho. On ne connaît pas vraiment l’origine de ce carnet. Mais chaque sceau est tellement joli que beaucoup de Japonais en collectionnent.

Comment faire la prière (voeu) et faire une offrande (osaisen)?
Quand on fait la prière ou un vœu au sanctuaire, il y a des règles à respecter.
1, Lancez une ou plusieurs pièces dans la boîte posée devant le bâtiment religieux.
2, Inclinez-vous 2 fois.
3, Frappez 2 fois dans vos mains et à la 2e frappe, fermez les yeux pour faire une prière ou un voeu.
4, Quand vous avez fini, pour montrer votre gratitude, inclinez-vous 1 fois.

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